Je déteste les
montres
Je
déteste les montres
Elles
me mettent en retard
Leurs
tic-tacs me tuent
Et
leurs tocs m’assassinent
Ce
son sec si sot
S’insinue
dans l’silence
Il
est déjà très tôt
L’insomnie
s’en
balance
Je
déteste les montres
Bien
moins que les pendules
Y
a toujours une seconde
Quand
les minutent pullulent
Ce
brouhaha débile
Ce
vacarme si subtil
Me
tape sur le tympan
J’titille
ma pomme d’Adam
J’l’éclate
à
grands coups de pied
J’m’arrache
un
poil du nez
Oh
la la ! Quel malheur !
J’lui
ai pas d’mandé l’heure
Je
déteste les montres
Mais
moins que les horloges
Y
a toujours une seconde
Que
le silence déloge
C’est
vrai quoi !
On
n’est pas des sauvages
J’connais
rien de plus hard
Qu’une
pendule à quartz
De
toute façon si j’veux
J’lui
retire les piles
On
verra de nous deux
Qui
sera le plus speed
Je
déteste les montres
Bien
moins que les coucous
Y
a toujours une seconde
Pour
leur briser le cou
Et
puis ce temps qui passe
Il
faudrait que ça cesse
Il
abîme nos godasses
Et
troue nos fûts aux fesses
Il
fait blanchir les ch’veux
Et
puis noircir les dents
Il
met des rides aux yeux
Et
la rage au dedans
Je
déteste les montres
Je
hais les carillons
Y
a toujours une seconde
pour
dormir sous un pont
Laurent
Potelle