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Une de mes nouvelles en "bonus-track"...
Bonne lecture.

La 
saint 
RéMI

Nouvelle

Laurent Potelle


La Saint Rémi c’est le 5 de chaque mois...
 

La bêtise qui se veut intelligente le fatigue bien au-delà de tout ce qu’il pouvait imaginer. Sa froideur passe parfois pour de l’indifférence aux yeux  de ses amis. Il n’a pas d’états d’âme comme la plupart des humains respectables qui peuplent leurs jardins secrets de souvenirs détestables et de passions défuntes. Il est âme. Jusqu’au plus profond de ce corps qui l’habille, il aperçoit de temps à autres une petite flamme bleue qui vacille, fragile et invincible, dans le tourbillon insalubre des questions qu’il voudrait éviter de se poser. 

Ses silences ne sont pas d’intenses méditations mais de vulgaires reflets d’un vagabondage loin des mots et de l’agitation du vain. Le présent, seul, revêt un intérêt à ses yeux et pourtant, régulièrement, il s’y soustrait. Il ne se situe pas dans le temps mais regarde sans arrêt sa montre, par superstition peut être, par naïveté sans doute. Son univers est exclusif sans exclusivité. Ses sentiments ne sont pas de ce monde mais l’ont fondé pourtant. Ses illusions ne sont pas des rêves mais des espoirs dont il n’était pas digne. Ses échecs ne sont que des expériences. Il multiplie les expériences.

Ses succès n’ont pas le goût subtil de la joie que lui procure la vue d’un oiseau. Ses plaisirs vrais sont si simples qu’ils déconcertent plus d’un commerçant. Son regard est aigu mais sa voix est grave. Il peut tuer d’un œil ou d’un mot. Il ne connaît ni pitié ni rancœur. Son amour est si grand qu’il ne peut lui trouver d’expression appropriée. Sa colère et sa haine étouffent son pardon. Il ne vit ni ne survit. Il passe. Son honnêteté morale lui interdit le bonheur tel qu’on le conçoit de nos jours. Il ne sera jamais heureux et il le sait. Il n’est pas là pour cela. Ce n’est pas sa vocation.

Son repos n’est pas pour maintenant. Ses combats  à mener sont si nombreux qu’il doit quelquefois faire des choix contestables, étaler ses cibles dans le temps par souci d’efficacité. Il est solitaire mais très entouré. 

Sa lucidité est telle qu’elle le transperce, de temps à autre, de part en part et le laisse sur le flanc. Les imposteurs sont si nombreux qu’il lui faudrait une ère glaciaire pour  venir à bout de son quota personnel. Il ne baisse pourtant pas les bras mais il lui arrive de les laisser collés au corps comme pour récupérer des forces ancestrales. Les moulins à vent ne l’impressionnent guère. Il pourrait leur jeter des pierres durant des siècles. L’usure fera le reste. La lumière qui l’éclaire est en lui. Elle ouvre son chemin doucement, délicatement. Sa vie ressemble à celle d’un guerrier blessé mais son quotidien est parsemé d’intenses joies aussi fugaces qu’intenses. Au commencement était le verbe, à la fin sera le point sans virgule. Un point et puis c’est tout, Fred n’a pas besoin des autres pour se sentir seul. Il n’a pas besoin des aides sociales pour se sentir pauvre, ni d’être riche pour vouloir désespérément gagner plus d’argent. Après tout, les miettes de la société de surconsommation lui suffisent largement pour bâtir son mausolée de révoltes avortées et obscures.

Le soir, quand la ville insouciante s’endort en rotant, il borde son lit de libertés absolues et de générosités partagées largement, du nord au sud. Chaque matin, en principe, s’il n’est pas mort durant la nuit, il s’éveille et ouvre ses volets sur un paysage gris, pluvieux et bétonné avec sentiment, comme un doctorat de sociologie urbaine moderne. Au loin, les fumées des usines se résignent peu à peu à tergiverser. Les ouvriers sont recyclés de force dans la précarité institutionnalisée et le marasme mondialiste. Fred, lui, se prépare un café bien noir pour fumer son premier joint. Pas trop chargé, c’est mieux pour débuter une journée vide de sens.
Aujourd’hui, c’est un grand jour : le cinq du mois ! La très attendue saint Rémi : Saint RMI, payez pour nous pauvres chômeurs. 

L’Etat, grâce à un premier ministre pas trop idiot de la fin du siècle précédent, va lui filer deux milles et quelques balles - ce qui en Euros fait encore moins lourd - pour qu’il se tienne tranquille dans son coin. Et ça fonctionne plutôt bien le concernant. Une vrai réussite d’énarque !
Il n’arrache pas les sacs des vieilles à la sortie des bureaux de poste, ne braque pas les bureaux de tabac ou les stations d’essence, ne vend pas de shit à la sortie des lycées et, de manière générale, évite de piquer des autoradios dans son quartier quand des flics arrogants rôdent en voitures banalisées bien voyantes, aux alentours immédiats de nulle part. 

Le RMI c’est mieux que le Prozac, ça assoupit les contestataires et si, en plus, ils fument de l’herbe joyeuse, alors là, c’est le fin du fin, ils ne songent même plus à se rebeller, à revendiquer quoi que ce soit. Le pied total pour n’importe quel Etat conservateur et fier de l’être, au fond… 
Fred possède le profil type du « neutralisé  social » et, le plus tragi-comique, est qu’il le sait. Il le soigne son putain de statut… Il l’entretient soigneusement, veille dessus avec vigilance et remplit consciencieusement les formulaires qu’on lui adresse, de temps en temps, pour voir s’il vit toujours dans son terrier. Et il est coriace, le bougre… Il résiste.

Malgré le chichon, les clopes, l’alcool, la mauvaise bouffe et le reste, il ne devrait pas crever, comme une merde sans doute, avant une bonne dizaine d’années, si tout va toujours aussi bien qu'actuellement dans le meilleur des immondes.
Ainsi va la vie devant la cafetière terne et sale, ce matin-là comme les autres. Pas de quoi éviscérer un chat de gouttière !

*****

En se pointant aux environs de midi  chez son pote politiquement anesthésié, Melka se doutait bien qu’il le trouverait égal à lui-même. Pour Fred, depuis des années, la mi-journée constituait l’aube des temps nouveaux… Il ne se levait jamais avant onze heures. Cela relevait du principe chez lui. Souvent, pour provoquer les bien-pensants mondains qu’il lui arrivait de côtoyer au gré de ses plans d’incruste dans la bonne société des buffets froids gratuits, il disait souvent : “Eh oui, autant commencer le plus tard possible toutes ces choses que je n’ai pas à faire, non ? ”
En général, les yeux écarquillés, ne sachant s’il s’agissait de lard, de cochon ou de jambon au torchon, ses interlocuteurs le prenaient invariablement pour un zombi échappé de contrées inexplorées, au-delà de la petite ceinture en tous cas…

Ces réactions en gueule de poisson-lune avaient le don de le rendre bienheureux pour quelques minutes au moins. Et ça, il n’était pas question pour lui de s’en priver ! Encore l’un de ses foutus principes…

Melka frappa donc les trois coups d’usage sur la porte puis un quatrième, sec et légèrement détaché des autres. Fred, coiffé comme un pétard de rasta et les yeux en fente de flipper, apparut quasiment instantanément dans l’embrasure, après avoir ouvert tout de même…

- Ah, c’est toi… Salut Melka ! s’exclama Fred en souriant tristement mais avec, néanmoins, une vraie lueur amicale dans ses yeux déchirés à l’Afghan noir, très en vogue dans les cités des environs.
- Bien sûr que c’est moi, espèce de crétin lunaire ! Ça fait des mois que tu me prend la tête avec tes petits codes à la con. Tu crois que je ne sais pas que nous avons chacun le notre ? Trois plus un pour moi, trois plus deux pour… commençait-t-il à énumérer quand son meilleur ami le coupa net dans sa prise d’élan inopportune.
- Non mais je rêve ou quoi ! C’est pas vrai. Tu penses que je fais tout ça pour le plaisir de faire chier mon monde ? T’es au courant que c’est un squat ici quand même ? Je peux me faire lourder n’importe quand par les CRS ou par des gros bras payés par l’agence immobilière. En plus, ils se feraient un plaisir de me démonter la tronche ces enculés. Et puis façon puzzle, crois-moi ! Depuis le temps que ma présence les emmerde. Tu le sais ça qu’ils veulent raser l’immeuble pour construire un truc de luxe pour rupins en mal d’espace. Tu l’as vu l’affiche dehors, non ? 
- Ouais, ouais… Excuse-moi. Je peux même plus déconner, alors ? demanda Melka sans trop y croire et en s’affalant sur la banquette de DS qui servait de canapé d’angle ainsi qu’accessoirement de chambre d’ami à l ‘occasion.
- Laisse couler, c’est pas grave. Je me suis levé avec la tête dans le cul. Ça va passer, esquissa Fred qui n’avait guère de goût pour les embrouilles crépusculaires inutiles.
- Quand même, je peux te poser une question ? demanda Melka, avec une neutralité tout à fait énigmatique et suspecte en l’occurrence.
- Mmmouais… marmonna la future victime presque consentante.
- J’ai remarqué qu’aux filles, tu donnes toujours le même mot de passe. C’est deux coups plus deux, je crois. C’est cela ? questionna le bourreau… 
- Ben oui, et alors ? s’enquit le condamné aux rires à ses dépens en allumant une dernière cigarette avant la sentence.
- Eh bien, tu ne me feras pas croire que ce n’est pas pour te laisser le temps de te coiffer et de te parfumer. Petite caille, va ! lâcha Melka, visiblement content de lui et de sa vanne. 

Il rigolait franchement, comme un enfant de bon cœur. Fred ne disait pas un mot mais avait une franche envie de se mêler à l’hilarité de son pote. En son for intérieur, il devait bien reconnaître que Melka avait vu juste mais il était hors de question de le lui avouer. Et puis, quoi encore ! Autant lui faire don de son cerveau dans du formol…

Effectivement, quand le code secret annonçant une visite féminine retentissait, il se jetait sur le gel, le peigne, les fragrances capiteuses et viriles de son eau de toilette de marque. En quelques secondes et tout en criant “Voilà, voilà… J’arrive !”, il était beau comme dans un refrain de chanson qui évoque “un italien qui sait qu’il aura de l’amour et du vin”… 
La plupart du temps, il n’obtenait pas l’un, ne buvait pas l’autre et terminait seul avec sa misère, devant la télé, dans son immense loft aux allures d’usine désaffectée. D’ailleurs, c’était bien une usine désaffectée… 

L’odeur de la vieille mécanique rôdait encore partout insidieusement, des traces de graisses noires souillaient les murs par endroits et, surtout, c’était crasseux comme une pensée de mesquin. Mais alors, vraiment très sale ! Dégueulasse même, comme disaient la plupart de ses invitées qui n’en revenaient pas qu’il put vivre “là-dedans”. Dans le genre “endroit idéalement romantique pour une rencontre amoureuse et sensuelle”, ça se posait là avec un certain aplomb… 

Mais Fred avait assez peu d’attirance pour l’esthétique baroque. En revanche, il appréciait tout particulièrement le confort technologique qu’offre la modernité et possédait absolument tout ce dont rêve la nuit, durant ses études, le futur cadre tout à fait supérieur de chez Darty.

Ainsi, et c’était plus que surprenant dans ce décor de film d’entreprise en faillite, dans un recoin propre comme une maternité en grève, sur de jolies et larges étagères au design subtilement métallique et froid, on trouvait tout l’essentiel pour ne pas trop s’emmerder comme un rat mort en milieu hostile et citadin : téléviseur dernier cri avec toutes sortes d’options inutiles et de toutes façons inaccessibles avec la notice en Japonais littéraire, magnétoscope et lecteur DVD haut de gamme qui devaient bien lui servir cinq fois l’an dans le meilleur des cas, chaîne HIFI monstrueusement belle et puissante qu’il n’écoutait jamais très fort de peur d’altérer un peu plus encore ses tympans, déjà très abîmés par la pratique quotidienne de la batterie depuis plus de quinze ans. 

Sur un bureau noir, toujours parfaitement propre grâce à la bâche dont il les recouvrait toujours avec tendresse, trônaient un magnifique ordinateur - une vraie bête de course selon les magazines spécialisés ! - ainsi qu’une imprimante et un scanner dignes du meilleur des faussaires numériques professionnels. Du très bon matos, comme on dit. 

Le tout étant malencontreusement tombé d’un camion un jour de pluie où Melka passait par là, par le plus grand des hasards, avec une bande de copains encagoulés, Fred avait pu acquérir ces joujoux d’occidental fortuné à un prix défiant toute concurrence… En fait, son ami lui en avait fait cadeau comme cela, royalement, par pur esprit de cascade ! 

Et puis, il avait été ravi de pouvoir apporter un peu de confort et de joie à son pote chômeur qui habitait dans un atelier inoccupé autant que lui-même.
L’immense hangar visqueux dans lequel Fred survivait depuis un peu plus de deux années avait, grâce à Melka, obtenu certaines lettres d’humanité. 
Ce bidouilleur de génie, bricoleur tout-terrain sans couteau suisse mais armé d’un bon sens pratique redoutable, était parvenu à lui rétablir l’eau courante et l’électricité.  “Nous vous devons plus que la lumière” disait le slogan ! 
Eh bien, les deux amis avaient donc préféré, eux-mêmes et par avance, recouvrer cette dette revendiquée si sincèrement par EDF. 
Plusieurs halogènes, trois radiateurs nucléaires, un micro-ondes, une cuisinière, un réfrigérateur, un lave-linge ainsi que divers robots plus ou moins ménagers étaient donc intensivement utilisés dans le but généreux d’effacer cette ardoise incalculable…

A l’identique, Melka avait réussi à tirer une ligne téléphonique pirate fort pratique pour se connecter gratuitement sur le réseau des réseaux. Fred pouvait donc aussi passer quelques coups de fil sans bouffer le forfait de son portable futuriste épais comme deux cartes de crédit d’intérimaire. 

Le seul truc qui craignait un peu, c’était le manque d’eau chaude ! Mais, pour se laver, il pouvait en faire bouillir un peu avec un réchaud alimenté par une bouteille de gaz aux allures préhistoriques. Ce qui, somme toute, n’était pas si mal pour un squatter, en ce bas-monde…
Une porte blindée très efficace interdisait l’accès à tout intrus dépourvu de bonnes intentions : proprios, voleurs, flics, postulants à la co-location... Melka l’avait récupérée dans une barre HLM destinée à être détruite par implosion sous le regard des caméras, toujours avides d’immortaliser la détresse qui s’envole dans un grand fracas suivi d’un nuage de poussières nostalgiques. En général, l’ensemble retombe lourdement quelques dizaines de mètres plus loin, anonymement cette fois.

Comme il n’y avait aucune fenêtre, le “loft” possédait tout du bunker palace hôtel et l’on n’y pénétrait pas comme cela. Il fallait être agréé par le maître des lieux ou par Melka, son conseil en communication…

Et puis, l’air de rien, il y en avait pour de la tune là-dedans ! La plupart des choses n’avait certes rien coûté mais ce n’était absolument pas une raison valable pour transformer  l’endroit en dépôt-vol. De plus, il y avait dans un coin la seule chose que Fred eût jamais payé dans sa vie : sa magnifique batterie de cinq fûts et son jeu de sublimes cymbales. Il y tenait comme aux prunelles des yeux de toutes ses copines, présentes et à venir.

Tous les jours que dieu et Stewart Copeland faisaient, il répétait comme un damné, un forçat de la baguette magique, dans ce local inespéré, complètement idéal pour jouer en toute liberté, sans nuire à d’irascibles et besogneux voisins. A l’occasion, Melka se mettait aux percussions et, ensemble, il tapaient le bœuf durant des heures. Là, ils effaçaient la fureur de l’univers dans un chaos harmonieux et organisé.

Après avoir pris une douche froide salutaire, Fred revint dans la pièce avec un beau sourire radieux. Il sifflotait tout en essuyant ses cheveux, visiblement content de sa connerie. Melka le regarda passer devant lui en se demandant bien ce qu’il pouvait encore mijoter.

- Eh Melka ! C’est la Saint Rémi, aujourd’hui ! Je vais passer à la Poste pour retirer des espèces. Après, je vais aller acheter un ballon d’eau chaude parce que j’en ai marre de me les peler comme ça tous les matins, lâcha-t-il tout naturellement, quêtant une approbation sans doute.
Melka n’en croyait pas ses oreilles. “Môssieu”  son ami voulait mener grand train et s’installer définitivement ici, investir dans la pierre en somme…
- Non, mais tu rêves ou quoi ! Ils ont ajouté un zéro à ton RMI ? Tu sais combien ça coûte un ballon comme ça ? Et puis, s’ils te virent demain, t’auras l’air malin avec ton ballon d’eau chaude fixé au mur !, s’emporta Melka, irrité par cette soudaine insouciance débridée de nouveau riche.
- Mais… essaya Fred
- Y a pas de “mais” ! Tu délires, je te jure… Tu veux pas une piscine à vagues pendant que tu y es ! C’est vrai, on pourrait mettre du carrelage partout, des mosaïques, des vitraux, de l’or fin en branches aussi…Espèce d’abruti !, lâcha-t-il en fixant son pote qui le regardait avec des yeux de cocker dubitatif. 
Immédiatement, il enchaîna :
- Tu ferais mieux de chercher du taf. Après, tu aurais des fiches de paie. Tu pourrais prendre un appart en règle et y amener tout ça sans risquer de tout te faire saisir à l’aube par un huissier véreux. C’est pas vrai ?
- Et la batterie ?, demanda Fred.
- Quoi, la batterie !, répliqua Melka.
Fred le toisa longuement - au moins deux secondes… - et lui balança :
- Si je bosse, je vais pouvoir prendre un petit studio, une cage à lapins, quoi ! Et encore, à tout casser… C’est une piaule qu’on va me filer, c’est tout… J’aurais l’air malin dans un taudis de merde avec un loyer d’enculé !
- Ben ouais, et alors ? s’étonna Melka, attendant la suite.
- Eh ben, c’est sûrement pas là-dedans que je vais pouvoir en jouer de la batterie, espèce de têtard ambulant !, finit-il par lâcher, exaspéré mais rieur.
Melka eut besoin de réfléchir un peu avant de répondre à cet argument désespérant. Il alluma une blonde et, en recrachant la fumée, il dit : 
- Ça te faire rire, nez de bœuf. Tu crois que tous les batteurs peuvent jouer chez eux ? Tu crois qu’ils sont tous blindés d’oseille et qu’ils vivent dans des duplex insonorisés ou des maisons isolées à la campagne ? C’est ça que tu crois dans ta petite tête ?
- Non, je sais bien que tu as raison. Mais bon, moi ça me plaît bien ici. C’est grand. Et puis, c’est cool ... Avec tout ce que tu as ramené, ça le fait carrément ! J’ai pas envie de vivre dans une niche : un petit boulot, un petit appart, une petite meuf, des petits morpions… C’est pas pour moi tout ça ! Tu devrais le savoir quand même ! Je te l’ai toujours dit que j’étais un parasite, un asocial, un rebut de l’humanité. C’est comme ça…Y a pas  à chier ! Y a pas à tortiller du cul, on est comme on est… Et puis, c’est tout !

Fred avait dit tout cela d’une voix tellement convaincue et convaincante, empreinte d’émotion, voire de sincérité, que Kamel en fut désarmé, presque à son insu. Il abandonna provisoirement ce combat perdu d’avance avec son copain et se contenta de demander :
- Tu referais pas un petit stick ?

ad libitum...

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